Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 11:00

IMG-copie-1.jpg

 

Une pensée pour toutes les victimes de la Grande Guerre...

Par Ceuxdu106 - Publié dans : Ce qui demeure...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /Août /2009 17:09
Louis Herbin est né en 1891 à Berny-Rivière dans le canton de Vic sur Aisne (Aisne).
Il est bouvier quand l' Armée l'appelle, pour ses 20 ans, au 106e Régiment d' Infanterie de Châlons sur Marne.
Louis ne sera pas dépaysé car beaucoup de Picards forment les rangs du 106e à cette époque.
De la Classe 1911, il est incorporé le 8 Octobre 1912 à la 4e Compagnie, Matricule 5791.



Louis Herbin fait les campagnes de 1914 avec le 106e R.I, et se retrouve au pied du piton des Eparges à la fin de l'année 14. Il participe avec la 4e Compagnie à tous les assauts de la célèbre butte à partir du 17 Février 1915. Sa compagnie est décimée et ne comporte plus au 21 Février, qu' un seul officier, le sous-Lieutenant Marchetti.

Louis laissera un témoignage terrible et poignant dans une lettre écrite (de Dieue) à sa soeur:

" Le 14 Avril 1915,
Chère Soeur,
[...] Je suis découragé tout à fait car j'ai mon pauvre camarade [illisible], il a été tué il y a deux jours, il a été tué à quatre mètres de moi. On était toujours ensemble, le jour qu'il recevait un colis on le mangeait tous les deux, le jour que j'en recevais un , c'était pareil et l'on allait jamais boire un canon l'un sans l'autre.
L'obus qui l'a tué, j'en ai reçu un éclat sur le bras, j'ai eu ma manche trouée ; je devais avoir le bras coupé ou cassé si je l'avais pris comme il faut.
Voilà huit jours que l'on arrête pas de se battre au même endroit, si tu voyais le terrain est couvert de cadavres de Boches et de Français.
On ne peut pas faire un pas sans marcher dessus, il y en a dix, quinze ensemble!
Enfin, je dois te dire, c'est terrible de voir une boucherie pareille...
Je crois que si il y avait des civils qui voient des orgies pareilles, on se révolterait, parcequ'il n'est pas possible de faire tuer tant d'hommes à propos de rien.
Enfin, c'est bien malheureux. Enfin, je ne sais pas quand ça finiera..
Sur tes lettres, tu me dis toujours que je prenne courage, qu'il n'y en a plus pour longtemps mais ça ne fini jamais, et à présent, je n'ai plus de courage, j'aimerai mieux être mort que de voir ce que je vois tous les jours et de souffrir comme on souffre, c'est honteux !
[...]
Ton frère qui t'embrasse.
L.H.  "

Le soldat Louis Herbin survivra pourtant à la lutte pour la conquête du piton des Eparges qui se prolongea jusqu'au 11 Avril pour le 106e R.I.
Relevé par le 173e R.I, le régiment en entier se retire à Dieue pour se reposer, intégrer des renforts et reformer les compagnies. 12 jours de repos, loin du combat, pour Louis et ses camarades.
Ce repos est abrégé soudainement le 24 Avril quand le 106e est alerté et repart en seconde ligne vers la Tranchée de Calonne et se retranche.
Le 26 Avril , à 4 h du matin , se déclanche une contre-attaque de plusieurs Divisions Allemandes. Les premières lignes Françaises sont bousculées, reculent en désordre. Le 106e est lancé dans la bataille pour tenter de résister mais la lutte est rude..
Louis Herbin est gravement blessé dès le début des combats et succombera à ses blessures à 5h30 du matin selon deux témoins, le Sergent Férain et le soldat Loisel.


Je remercie vivement M.MIchel Sance, petit-neveu de Louis Herbin, de m'avoir communiqué ces documents et toute reproduction de la lettre et/ou de la photo de Louis Herbin nécessite son autorisation.





Par Florent Deludet - Publié dans : Le Mémorial du 106e RI
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 18:19
Grâce au coup de pouce d'un autre passionné (merci Yann), j'ai récemment acquis un lot de 200 lettres et cartes de franchise militaire de la famille du Lieutenant Colonel Charles BARJONET qui commanda le 106è RI à partir du 19 Novembre 1914 ( il était alors Chef d'Etat-Major de la 67è D.I )
Il fût blessé légérement aux Eparges le 6 Avril 1915 mais garda son commandement jusqu'au 26 Avril 1915 où il recut une deuxième blessure qui cette fois l'éloigna définitivement du régiment.
Je ne connais pas son sort après sa blessure et durant le reste de la Guerre.
Dans ce lot, beaucoup de lettres sont adressées au Lt Colonel Barjonet et donc donnent peu de détails sur la vie du 106è en Campagne.
Je recherche bien sûr d'autres renseignements sur cet officier ( surtout une photo), et pourquoi pas un contact  avec ses descendants !



Par Florent Deludet - Publié dans : Ce qui demeure...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 13 avril 2008 7 13 /04 /Avr /2008 17:09
Le 106e R.I. a eu la chance de compter dans ses rangs Maurice Genevoix qui nous laisse une oeuvre fantastique de vérité pour étudier cette unité dans la première partie de la guerre. D'après ses carnets de route, tenus au jour le jour et grâce à une mémoire sans faille, l'auteur nous décrit ses faits et gestes journaliers avec une précision incroyable. On pourra suivre le régiment et ses hommes, et plus particulièrement le 2e Bataillon, d'Aout 1914 à fin Avril 1915.
Ceux de 14 est un des meilleurs livres sur la Première Guerre mondiale. A lire ou a relire...



    Maurice Genevoix est né à Decize dans la Nièvre, le 29 Novembre 1890. Elève au lycée d'Orléans, puis au lycée Lakanal. Il effectue son service militaire au 144e Régiment d'Infanterie de Bordeaux de 1911 à 1912.
Elève de l'Ecole Normale Supérieure de 1912 à 1914, Licencié es-lettres.
Il est mobilisé à la déclaration de guerre comme Sous-Lieutenant au 106e RI de Châlons sur Marne.
Il rejoint le régiment le 25 Aout 1914, participe à tous les combats et sera blessé griévement à la Tranchée de Calonne le 25 Avril 1915. Après 16 mois d'hopital et de convalescence, il sera reformé.

Je laisserai Jean-Norton Cru (dans Témoins , édité en 1929) présenter l'oeuvre magistrale de M.Genevoix :
    "...Parmi tous les auteurs de la guerre Genevoix occupe le premier rang, sans conteste...Il faut bien le reconnaître, et rira qui voudra, Genevoix a le génie du récit de guerre et son oeuvre est incomparable....Il a su raconter sa campagne de huit mois avec la plus grande scrupuleuse exactitude, en s'interdisant tout    enjolivement dû à l'imagination, mais cependant en ressuscitant la vie des événements et des personnes, des âmes et des opinions, des gestes et des attitudes, des paroles et des conversations..."




Ses oeuvres (uniquement celles consacrées à la guerre) :

- Sous Verdun, paru en avril 1916 (Hachette puis 1925 Flammarion).Considéré pour le Prix Goncourt 1916.
- Nuits de Guerre, paru en décembre 1916 (Flammarion)
- Au seuil des Guitounes, paru en septembre 1918 (Flammarion).
- La boue, paru en 1921 (Flammarion)
- Les Eparges, paru en 1923 (Flammarion).

Cette suite chronologique sera regroupée en 1950 dans:
- Ceux de 14 ( Durassié). L'édition définitive se présente en deux volumes,au lieu des cinq, le texte original en ayant été, au préalable, quelque peu resseré et réduit par l'auteur.
A noter que tous les noms des personnages sont des pseudonymes, excepté celui de son ami le Sous-Lieutenant Robert Porchon qui sera tué aux Eparges.
La liste des correspondances des véritables noms se trouve dans la réedition de 1998 chez "Omnibus". Quelques photos et des extraits de carnets originaux de M.Genevoix y sont également publiés.


- H.O.E, paru en 1931 ( Etincelles). Récit d'un blessé évacué dans un Hopital d'Evacuation (H.O.E) et de sa convalescence.
- Trente Mille jours, paru en 1980 (Seuil).Agé de trente mille jours, Genevoix revient sur son passé, avec de nombreux passages (inédits) sur sa guerre.
- Noël 1914, sans date ( 200? -Mémorial de Verdun). Petit extrait d'un carnet de route inédit (Collection de Mme Suzanne Genevoix).


Maurice Genevoix reçu le Prix Goncourt 1925 pour Raboliot, fut élu à l'Académie Française en 1946 et en devient le secrétaire perpétuel en 1958, et en 1974, le secrétaire perpétuel honoraire. Il recu également le Grand Prix National des Lettres en 1970.
Maurice Genevoix décède en 1980.

J'ajoute à cet article un  livre consacré à Genevoix au 106e R.I:
-Une jeunesse éclatée de la Vaux-Marie aux Eparges -Hommage a Maurice Genevoix, paru en 1980 ( Editions du Mémorial de Verdun).
Indispensable ouvrage relatant Genevoix et sa guerre, Genevoix et le 106 avec des extraits du Journal de Marche du 106e RI et des croquis. A posséder absolument.

Par Florent Deludet - Publié dans : Bibliographie du 106e R.I
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 13 avril 2008 7 13 /04 /Avr /2008 16:26
Tous les soldats Français qui ont combattus aux  Eparges entre Septembre 1914 et Avril 1915, ont reçus, certainement dès 1915, un diplôme de reconnaissance pour leurs combats effectués dans cette région.
Signé du Général Herr,  commandant le 6e Corps d'Armée et du Général Roques , Commandant la 1ère Armée, ce document est nominatif et reprend les citations de la 12e Division d'Infanterie ( a laquelle le 106e RI appartient) et du 25e Batailllon de Chasseurs à Pied.
Cet exemplaire est dédié au Sergent Edmond Auguste Klein, dont l'unité est malheureusement non inscrite.

Par Florent Deludet - Publié dans : Ce qui demeure...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus